Un homme joyeux, mais fêlé,
comme il y en a tant.
Ébréché par la vie,
chancelant souvent
pour ne pas tomber.
Lançant à tout propos,
de sa voix éraillée,
des plaisanteries
dont il riait le premier.
Un homme affectueux,
s’attachant sans réserve,
disparaissant sans raison.
Une figure, une trogne,
un corps jeune,
rongé de l’intérieur,
mais toujours prêt à jouer.
Je l’avais sollicité pour interpréter, dans l’une de mes pièces, un ouvrier usé qui se prenait d’affection pour un jeune homme idéaliste. Il s’était glissé dans le rôle avec naturel, à croire que je l’avais écrit pour lui.

Heureux, reconnaissant,
insaisissable,
drôle et pesant à la fois,
pathétique aussi.
Il s’appelait Pascal.