Sans contact

Nous pénétrons dans l’opéra de Rennes : enceinte ronde à l’ancienne, velours rouges et dorures, lampes à l’éclat plombé par la pesanteur du temps. Mais, au lieu d’y prendre place, nous montons sur la scène où nous attend une structure ovale fermée, vaisseau de bois garni d’écrans d’ordinateurs. A la surprise de fouler la scène d’un tel lieu s’ajoutent nos interrogations sur la fonction de cette construction et sur le rôle qu’elle entend nous faire jouer.

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Rencontre (Vera 1)

Autoroute américaine

Nous nous sommes rencontrés pour ainsi dire dans une voiture. A peine, en effet, avais-je fait la connaissance de Vera dans son quartier de Forest Hills, à New York, que nous nous retrouvâmes dans sa voiture en route pour Washington où nous allions retrouver les siens pour un séjour de vacances en Virginie.

Le trajet dura trois bonnes heures. C’était l’été, l’air était chaud, particulièrement sur ces highways sillonnés sans relâche par des milliers de véhicules. Nous avons fait la route les fenêtres ouvertes dans l’espoir de capter un soupçon de fraîcheur à travers les courants d’air qui s’engouffraient dans la voiture. A tout le moins asséchaient-ils notre transpiration, suscitant à la surface de notre peau l’illusion d’une once de rafraîchissement. Lire la suite « Rencontre (Vera 1) »

Printemps

(…)

C’est le printemps viens-t’en Pâquette
Te promener au bois joli
Les poules dans la cour caquètent
L’aube au ciel fait de roses plis
L’amour chemine à ta conquête

Mars et Vénus sont revenus
Ils s’embrassent à bouches folles
Devant des sites ingénus
Où sous les roses qui feuillolent
De beaux dieux roses dansent nus

Viens ma tendresse est la régente
De la floraison qui paraît
La nature est belle et touchante
Pan sifflote dans la forêt
Les grenouilles humides chantent

(…)

L’hiver est mort tout enneigé
On a brûlé les ruches blanches
Dans les jardins et les vergers
Les oiseaux chantent sur les branches,
Le printemps clair l’avril léger

Mort d’immortels argyraspides
La neige aux boucliers d’argent
Fuit les dendrophores livides
Du printemps cher aux pauvres gens
Qui resourient les yeux humides

(…)

Apollinaire, La Chanson du mal aimé

Images : Sylvain Maresca

Personnages à la dérive

 

   

 

« Mon verre était vide, je me dirigeais donc une fois de plus vers le bar. Même englouti par une foule suffisamment épaisse pour ralentir ma progression, je ne pouvais me défaire de la sensation que Billy [le fils du narrateur] épiait chacun de mes mouvements. Il voulait me demander quelque chose. Je savais ce que c’était ; c’était très simple. Il voulait rentrer avec moi ce soir. Dans mon appartement. Rien que nous deux. Pour se réveiller au matin et poursuivre ce que nous aurions commencé la veille au soir. Juste être avec moi, sans personne autour de nous, pour une fois. Rien que nous deux.
Je savais ce qu’il voulait, ce n’était pas nouveau. Mais je savais également, parce que je me connaissais, que je trouverais sans aucun doute un moyen de l’empêcher de rentrer avec moi ce soir.
Cela n’avait rien à voir avec l’amour. J’aimais Billy, mais j’étais incapable de l’aimer en privé, quand nous n’étions rien que tous les deux.
C’était une autre de mes maladies. Je ne sais pas comment l’appeler. Fuite devant l’intimité. Fuite à tout prix devant toute forme d’intimité. Avec qui que ce fût. »
(Steve Tesich, Karoo, Toulouse, Monsieur Toussaint Louverture, 2012, p. 17-18 – traduit de l’américain par Anne Wicke. Merci à Ronan de me l’avoir fait découvrir)

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Un monde sans théâtre

L’initiative de cette manifestation revient à l’association des écrivains associés du théâtre des Pays de la Loire (EAT Atlantique). Pour ce projet collectif, la consigne était d’écrire chacun une scène sur le même thème : Un monde sans théâtre.

Trois soirées de représentation permettront au public de découvrir la diversité des textes écrits, interprétés, lus ou mis en scène par des troupes amateurs et quelques-uns des auteurs, également acteurs professionnels.

Rendez-vous à la Salle Vasse,
18 rue Colbert à Nantes,
les 23, 24 et 25 avril à partir de 20 h 30.