Les ondes du jardin

Piérig vient s’installer dans une colocation composée de quatre étudiants liés par une solide amitié. Pourtant, il ne suit pas d’études et, contrairement à eux, refuse tout emploi salarié pour ne pas subir l’exploitation capitaliste. Son mode de vie est radicalement différent : récupération de produits alimentaires, culture d’un potager, échanges gratuits, micro-économie locale, voisinages. Son installation dans la colocation va bouleverser beaucoup d’évidences acquises, susciter des conflits, des recompositions, précipiter certains projets. En quelques mois, la vie de ce microcosme va se transformer.

Le premier jour – 7

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Photo : Sylvain Maresca

Le lendemain, le surlendemain et tous les matins suivants, Irina sonnait à sa porte. Connaissant l’heure et l’attendant, Il lui ouvrait la porte en robe de chambre (il ne se décidait pas à s’habiller) et la laissait entrer. Ils s’installaient autour de la table basse qu’il avait débarrassée depuis le premier jour, et cependant qu’il buvait le café bien chaud qu’elle lui avait apporté, elle lisait ce qu’il avait écrit depuis la veille. Tous ses efforts, ses errements, ses inquiétudes étaient balayés dès l’instant où elle portait les yeux sur les feuillets qu’il avait déposés à son intention. Lire la suite « Le premier jour – 7 »

Le devoir de la fable

Brigitte Salino vient de publier dans Le Monde du 15 mars dernier une critique du dernier spectacle proposé par Stanislas Nordey au Théâtre de la Colline, à partir du récit d’Édouard Louis Qui a tué mon père (Seuil, 2018). Autant elle loue la qualité de l’interprétation et de la mise en scène, autant elle reproche au spectacle de basculer dans la dénonciation sociale : Lire la suite « Le devoir de la fable »

Le premier jour – 6

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Photo : Sylvain Maresca

Lorsque Étienne entendit la sonnette, son réflexe fut de s’enfoncer dans son lit. Il ne recevait jamais de visites. Quant aux factures, elles pouvaient attendre. Sous ses dehors de reclus volontaire, Étienne ne pouvait cependant s’empêcher de s’interroger. Qui avait pris la peine de venir le voir ? Qui ignorait sa fuite du monde ? Qui s’imaginait pouvoir l’en extraire ? Lire la suite « Le premier jour – 6 »

Le premier jour – 5

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Photo : Sylvain Maresca

Étienne était encore au fond de son lit à onze heures passé. Qu’est-ce qui lui avait pris de ne pas se lever ? Il avait entendu son réveil comme d’habitude, mais il en avait interrompu aussitôt la sonnerie, d’un geste las, pour se laisser reprendre par le sommeil. Un sommeil haché, entrecoupé de sursauts, d’appels indignés de sa conscience laborieuse. « Que fais-tu là, à te prélasser ? Allez, debout ! Ton œuvre t’attend. » Lire la suite « Le premier jour – 5 »

Les drôles

Le générique de fin du film Tout ce qu’il me reste de la révolution – film drôle, tendre, pétillant de vie sur l’héritage en loque des idéaux révolutionnaires et leur difficile reconversion dans le marasme actuel – se déroule sur les accents d’une chanson qui m’a fait monter une bouffée de nostalgie. Sur le moment, ni le titre (Les Tuileries), ni les interprètes (Camélia Jordana et Bertrand Belin) ne me disaient rien, mais la chanson, oui. Je la connaissais, forcément, mais pas sous cette forme, chantée autrement. Lire la suite « Les drôles »

Le premier jour – 4

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Photo : Sylvain Maresca

Lui, absent de son corps. Elle, vive et bondissante.

Lui, grand, mince, habillé sans recherche, pour se couvrir, simplement.

Elle, bien en chair, heureuse de ses formes. Vêtue de couleurs et d’atours, foulard brodé, bracelets, bagues, boucles d’oreille. Rien de précieux, que des reflets chatoyants pour rehausser l’éclat de ses yeux. Lire la suite « Le premier jour – 4 »