Le feu de Madame Belhassem

Par une belle matinée du mois de juin dernier, j’ai aperçu une femme qui brûlait des papiers sur le barbecue de l’espace vert situé entre les immeubles. Son geste m’a intrigué. Il m’a inspiré l’histoire que voici.

Photo : Sylvain Maresca

L’air du matin est frais et léger. Le printemps prend ses quartiers aux Charmilles comme ailleurs. Les pelouses accueillent les premiers badauds. Quelques chiens trottinent, l’air affairé, suivis par leurs maîtres, un sachet à la main pour parer à toute éventualité. La paix des beaux jours est de retour.

Madame Belhassem survient dans l’allée qui traverse l’esplanade. Elle est vêtue chaudement d’une ample robe aux motifs brodés, en partie couverte par un châle en laine pourpre dont les pompons tressautent au gré de ses pas. Un foulard moiré, tissé de fils d’or, couvre ses cheveux. De son visage, on ne remarque tout d’abord que ses yeux, d’un bleu intense, qui contrastent avec sa peau mate et son air méditerranéen. Elle s’avance très droite. Son menton projeté en avant confère à sa démarche une note altière qui commande le respect. Au bout de ses bras pendent deux gros sacs en plastique noir.

Lire la suite « Le feu de Madame Belhassem »

L’attrait de la rivière

Ce texte est issu de la soirée d’improvisation littéraire à laquelle j’ai participé au Théâtre La Ruche, à Nantes, le 30 mai dernier.

On choisit trois auteurs et quelques comédiens (trois en l’occurrence). Alors que l’animateur présente les auteurs au public, ceux-ci sont isolés dans une autre salle pour écrire chacun un texte sur un thème commun, et ce pendant vingt minutes.
Le temps écoulé, ils rejoignent le public pour la lecture de leur texte, suivie avec attention par les comédiens. Ces derniers s’isolent pendant dix minutes pour préparer la mise en scène des textes, alors que le public est invité à imaginer lui-même comment les textes pourraient être adaptés pour la scène et engage un échange avec les auteurs sur leur façon d’écrire. Place ensuite à l’improvisation !

Il doit beaucoup aux trois comédiens, Jean-François Gascard, Rapahël Magnin et Mathéo Massa, qui ont improvisé à partir de mon premier jet. Leurs propositions ont enrichi cette nouvelle version. Je les en remercie.

Le thème imposé était : Le corps est un Autre, ou le corps de l’Autre. Lire la suite « L’attrait de la rivière »

Le rouge-gorge

Chaque fois que je tonds la pelouse, que je sarcle pour désherber ou encore que je creuse un trou en vue d’une plantation, je vois surgir un rouge-gorge qui se poste suffisamment près pour sauter sur mon terrain d’action dès que j’ai le dos tourné. Son arrivée me réjouit car je me plais à penser que ce n’est pas un rouge-gorge parmi tant d’autres, un représentant interchangeable de son espèce, mais LE rouge-gorge, celui qui a ses habitudes dans mon jardin, un familier en quelque sorte, mon locataire pour ainsi dire.

Rouge-gorge.

Lire la suite « Le rouge-gorge »

Lecture publique

J’ai le plaisir de vous convier à la lecture publique de ma pièce
La pelle et l’aspirateur

jeudi 23 mai à 20 h 30

au Théâtre La Ruche
8 rue Félibien
44000 Nantes

Madame Soares vient chaque jour faire le ménage dans un théâtre. Ce qui ne l’empêche pas de rêver, beaucoup même.
Le directeur de la salle va en faire la déroutante expérience. Un dialogue s’engage entre eux.
Le théâtre est-il fait pour tout le monde ? A-t-il le monopole de l’imagination ?

Interprètes : Annick Soret, Henri Mariel, Bertrand Pineau.

Réservation au 02 51 80 89 13 ou par mail : resa@laruchenantes.fr

En espérant vous y retrouver nombreux.

La lumière d’en haut

Cathédrale de Nevers

Je suis toujours fasciné par les jeux de lumière qu’engendrent les vitraux dans les églises, particulièrement ceux des cathédrales, si haut placés et majestueux. Lorsque le soleil les traverse, ils projettent sur le dallage des taches de lumière chatoyantes, d’une vibrante gaîté qui contraste avec la pénombre austère de ces lieux. On croirait les éclaboussures d’un enfant peintre, le pointillisme d’un tableau post-impressionniste ou encore l’agrandissement jusqu’au pixel d’une image numérique. Quelque chose d’irrespectueux, de débraillé et d’évanescent car le moindre nuage ou le déclin du soir ont le pouvoir de faire disparaître cette fantaisie colorée. Lire la suite « La lumière d’en haut »