Un monde sans théâtre

L’initiative de cette manifestation revient à l’association des écrivains associés du théâtre des Pays de la Loire (EAT Atlantique). Pour ce projet collectif, la consigne était d’écrire chacun une scène sur le même thème : Un monde sans théâtre.

Trois soirées de représentation permettront au public de découvrir la diversité des textes écrits, interprétés, lus ou mis en scène par des troupes amateurs et quelques-uns des auteurs, également acteurs professionnels.

Rendez-vous à la Salle Vasse,
18 rue Colbert à Nantes,
les 23, 24 et 25 avril à partir de 20 h 30.

Rêver

Photo : Sylvain Maresca

Laissons-nous emporter par les rêves lorsque le temps est venu. C’est toujours après : après l’effort, la fatigue, l’accablement ; après le sursaut, l’obstination, l’acharnement ; après les raisonnements, les rappels à l’ordre, les mises en demeure. Ça vient dans un glissement, une forme d’effacement, lorsque les contours s’estompent jusqu’à devenir cotonneux, sourds, épais. Le silence en constitue le préalable. On plonge Lire la suite « Rêver »

Komorebi – 2

A la Maison de Victor Hugo à Paris se tient encore pour quelques jours une exposition intitulée La folie en tête, avec pour sous-titre : Aux racines de l’art brut. Elle présente les premières collections d’œuvres de personnes internées dans des asiles, à l’initiative souvent personnelle de quatre psychiatres européens pionniers dans une approche plus ouverte de la folie et de ses productions. Son rapport avec Victor Hugo ? Son frère Eugène et sa fille Adèle furent internés. Lire la suite « Komorebi – 2 »

A la frontière des mondes

Photo : Sylvain Maresca

« A deux heures, il regarda par la fenêtre et aperçut un gros chat noir, installé sur la rambarde du balcon, qui regardait à l’intérieur de la pièce. Par ennui, Hoshino lui adressa la parole.
– Hé, le matou ! Belle journée, non ?
– En effet, monsieur Hoshino, répondit le chat.
– Alors là, je suis scié, dit le jeune homme en secouant la tête. (…)
– Il n’y a pourtant pas de quoi, monsieur Hoshino, répliqua le chat d’un air las.
Avec sa tête plutôt large, il paraissait assez âgé. (…)
-Mais comment se fait-il que tu parles le langage humain ?
– Je ne parle pas humain.
– Je ne te suis pas. Comment pouvons-nous avoir cette conversation, alors ? Tu es un chat et moi un humain, non ?
– Nous sommes à la frontière des mondes et nous parlons un langage commun, c’est tout. »
(Haruki Murakami, Kafka sur le rivage, Paris, Belfond, 2006, p. 571 et 591 – traduit du japonais par Corinne Atlan)

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Komorebi

« Komorebi : ce mot japonais désigne la lumière du soleil qui filtre à travers les feuilles des arbres.
Ici, c’est cette lumière intérieure qui traverse les fêlures : car c’est aux frontières de l’art que l’on trouve parmi les plus belles représentations de mondes intérieurs. »
(Extrait de la présentation de l’exposition au Lieu Unique de Nantes)

La poésie de ce mot japonais m’enchante : elle va puiser dans les délices de la nature une métaphore pour évoquer les replis les plus obscurs de l’esprit humain. En Lire la suite « Komorebi »