
« Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu’il déracine
Celui de qui la tête au ciel était voisine,
Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts. »
La Fontaine, Le chêne et le roseau.
Le fabuliste avait raison sur un point : le chêne n’a pas la souplesse du roseau et si, par malheur, le climat l’a affaibli, sécheresse, intempéries, tempête, il s’effondre d’un coup malgré son grand âge et ses airs d’invulnérabilité.
Mais La Fontaine enterre ce géant un peu trop vite. Car il suffit d’une racine épargnée dans la chute, restée fichée dans le sol en dépit de l’arrachement, pour que la sève continue d’irriguer cet immense vaisseau échoué et, l’hiver passé, fasse jaillir sur ses flancs de nouvelles feuilles, de nouvelles branches. Faussement inerte, le tronc demeure l’enveloppe d’une forme de vie tenace, inexpugnable, qui, se jouant de la gravité, pousse à la verticale sur cette assise plaquée au sol et esquisse un arbrisseau à même le vieux tronc.
Le chêne n’a pas fini de polémiquer avec le roseau.
…un roseau se désaltérait dans le courant d’une onde pure…
un chêne survint à jeun, qui cherchait aventure, et que la faim en ces lieux attirait…
bel été, bonheur d’un ciel avec nuages, percés de rais de soleil… avec pour paysages la nature belle qui s’offre, encore, et toujours à nos regards qui s’émerveillent…
J’aimeJ’aime