Après l’avalanche de morts dues à la pandémie, cet afflux dans les hôpitaux de malades qui décédaient sous les appareillages et dans l’inconscience où on les avait plongés artificiellement pour faciliter l’intrusion dans leur corps des tubes censés les sauver ; Lire la suite « Le choix »→
« Vivant, j’aimais la vie.
Mort, la mort m’aimera. »
Photo : Sylvain Maresca
Mon père aima la vie, c’est certain, au point de refuser de se soigner. En dépit du cancer qui le rongeait, il ne voulait pas devenir malade, s’installer dans cet état végétatif et dépendant, cette demi-vie qui prolonge l’existence en la restreignant, le corps affaibli qui, pour s’économiser, tend vers l’immobilité sans parvenir à calmer l’esprit aux abois, en prise permanente avec le train des douleurs et son chargement d’angoisses. Il résista, s’efforça de profiter de la vie qui lui restait, et fut emporté, encore jeune, par la maladie en quelques mois.
Depuis combien de temps se tenait-elle à la lisière ? Quelques jours, des mois, des années ? Tout le monde célébrait son extraordinaire vitalité. Pensez donc : elle était plus que centenaire ! Une centenaire alerte, l’esprit vif et curieux. Certes, son corps s’affaiblissait, mais pas sa volonté : marcher difficilement peut-être, mais continuer à marcher. Chaque matin, elle effectuait ses exercices d’assouplissement avec la détermination d’une ballerine. Lire la suite « Avant-poste »→