Insomnie

Insomnie-version blog
Tu te lèves en silence dans la maison qui dort.
Le sommeil t’a quittée comme toutes les nuits.
Tu laisses ton homme flotter dans ses rêves d’or,
Ignorant tout des affres de tes insomnies.

Demi-teintes des noirs, des gris, des lueurs,
Bruits étouffés, soupirs et dissonances,
Tu retiens dans ta main la ronde des heures,
En proie au vertige et à la somnolence.

Tu allumes la lampe dans le salon vide.
Ton regard glisse du fauteuil au tapis.
Il te vient des éclairs de pensée limpide
Sitôt recouverts d’un brouillard infini.

Demi-teintes des songes, entre nuit et jour,
Remontées des temps anciens de l’enfance,
Tu condamnes de la main toute idée de retour,
En proie aux commandements de ta conscience.

Tu regardes par la fenêtre le jour qui point.
Sous ton front appuyé à la buée du carreau,
Tu sens l’emprise d’un froid venu de loin,
Tandis que des larmes coulent sur ta peau.

Demi-teintes du ciel dans son écrin matinal,
Cris des oiseaux dans les herbes, sous les treilles,
Tu étouffes de la main un bâillement machinal,
En proie au retour annoncé du sommeil.

Tu vas te recoucher dans la maison qui dort.
L’envie de sombrer te prend au petit matin.
Et ton homme, qui semblait rêver si fort,
Te libère de tes peurs en reprenant ta main.

Photographie : Sylvain Maresca

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