La couleuvre

Ou la puissance suggestive du cinéma

C’est une scène du film Mademoiselle réalisé en 1966 par Tony Richardson d’après un scénario de Jean Genet.

Dans une futaie, une femme, vêtue en citadine, rencontre un bûcheron italien venu travailler en France. Ils échangent quelques mots anodins, puis le regard de la femme est attiré par les mouvements mystérieux qui soulèvent le maillot de l’homme. Amusé par sa curiosité et son trouble, celui-ci soulève son vêtement pour faire apparaître une couleuvre enroulée autour de son ventre. Il lui explique qu’il l’a recueillie dans la forêt.

« Elle n’est pas dangereuse », la rassure-t-il en laissant l’animal s’enrouler autour de son bras.

« Vous voulez la toucher ? », lui propose-t-il en s’approchant d’elle.

La femme ne refuse pas, mais reste muette. La caméra se focalise sur le serpent dont la tête progresse sur le poignet du bûcheron qui saisit la main de la femme, entrouverte, la paume vers le ciel. La couleuvre s’y engage.

Tout est dit.

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