« On ne quitte pas l’enfance, on la serre au fond de soi. On ne s’en détache pas, on la refoule. Ce n’est pas un processus d’amélioration qui achemine vers l’adulte, mais la lente sédimentation d’une croûte autour d’un état sensible qui posera toujours le principe de ce que l’on est. »
Patrick Chamoiseau, Antan d’enfance, Paris, Hatier, 1990, p. 78.
On ne quitte pas l’enfance… Elle me paraît pourtant si loin et surtout si terne et grise, comme un long tunnel dont je n’apercevais pas l’issue. J’envie les gens qui parlent de leur enfance avec des yeux éblouis, les ravis de l’enfance, ceux-là mêmes dont on dit parfois qu’ils ne l’ont jamais quittée, qu’ils ont gardé leur « âme d’enfant ». Les poètes en seraient ainsi que beaucoup d’artistes.
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Au moment où la Chine intensifie de nouveau son emprise sur les Tibétains et relance ses campagnes de « formation » qui ne sont en réalité que des entreprises systématiques d’embrigadement idéologique, de coercition sociale et de déplacement de populations, je relis les romans d’Eliot Pattison dont l’action se déroule au Tibet sous domination chinoise.

