Bourrasque

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Des feuilles d’érable rouge cuivré sont fouettées par le vent qui ne parvient pas encore à les décrocher en ce début d’automne. Mais il a tout son temps, il sait qu’il y parviendra sinon aujourd’hui, du moins demain, la semaine prochaine, plus tard peut-être. Le vent est certain d’avoir raison de leur folie chromatique. Comment pourrait-il comprendre une telle luxuriance, le vent incolore, lui qui n’atteint la teinte des choses qu’en les soulevant pour les emporter dans les airs ? Le vent s’insurge de n’avoir aucune matière, d’en être réduit à combler les vides, à circuler de pressions en pressions, comme un silence dans la musique, sans cesse chassé par les notes. Enlèverait-il toutes les feuilles des arbres de l’automne que le vent n’en gagnerait aucune couleur. Comment s’étonner, dans ces conditions, qu’il déclenche des tempêtes et précipite ces éclats lumineux dans la boue la plus sale où ils pourriront tous, quels soient leurs atours crépusculaires ? Un peu lâche et dépité, le vent reprendra sa course sans fin de branche en branche, de bois en bois, sans admettre qu’il les a dépouillés et qu’il lui faudra attendre de longs mois – c’est sa pénitence – avant de voir resurgir les feuilles dans lesquelles il se plaît tant à jouer lorsque la douceur du printemps l’incline davantage aux caresses qu’aux emportements de l’automne.

Photographie : Sylvain Maresca

L’intrusion des images… et du réel

Je viens de découvrir un écrivain italien actuel, Andrea Bajani, à travers son troisième roman traduit en français : Toutes les familles, publié aux éditions Gallimard, dans une traduction de Vincent Raynaud.

Plus que la trame du récit, c’est le style de ce roman qui m’a frappé. Un style qui ménage l’irruption des images comme de la réalité d’une manière tout à fait inattendue.

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La chaise jaune

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Une chaise sous le soleil. Cannage de paille, montants jaunes. Son dossier tourne le dos à la fenêtre d’où fusent les rayons, sur le bord du rideau décoré de motifs lunaires, nocturnes. Un montant au soleil, l’autre à l’ombre. C’est une chaise partagée, qui semble hésiter entre le jour et la nuit, entre les dernières lumières de l’été finissant et la pénombre annoncée de l’hiver. Que pourrait-elle faire pour se décider, pauvre meuble immobile ?

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