Métamorphose

Cadran solaire afghan, Musée Guimet, Paris
Cadran solaire afghan, Musée Guimet, Paris

Nous découpons dans le temps comme nous trancherions un gâteau pour y délimiter des unités qui rythment notre existence. Ainsi faisons-nous le temps discontinu, de seconde en seconde, en minutes, en heures, selon le battement régulier de l’horloge qui pourtant nous angoisse par son rappel obstiné. Nous retournons des sabliers pour mesurer des tranches de temps à notre convenance. Nous disposons désormais de toutes sortes de minuteries, de chronomètres qui nous procurent l’illusion de maîtriser cette substance sans matière ni durée. Nous campons sur le fuyant avec la certitude de chefs de gare.

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Le Verbe

« Toute poésie destinée à n’être que lue et enfermée dans sa typographie n’est pas finie.
Elle ne prend son sexe qu’avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l’archet qui le touche. »

Ma participation au montage et à l’interprétation d’un spectacle théâtral m’a remis en mémoire cet extrait de la chanson-fleuve de Léo Ferré, Il n’y a plus rien (1973). Dire un texte écrit, le porter par la voix jusqu’aux spectateurs qui ainsi l’entendent sans l’avoir lu, alors qu’il est respecté au mot près, est une opération singulière dont je ne m’explique pas complètement l’alchimie.

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La farandole

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Elles se tenaient bien droites, serrées les unes contre les autres, décidées à ignorer fièrement la blessure, bravaches même. Leurs couleurs claironnaient la vie qui pourtant les fuyait à chaque instant. Elles leur permettaient de croire que c’était sans importance, qu’elles pourraient même survivre ou que, au pire, elles succomberaient magnifiquement. Leurs pétales étaient lustrés comme de la soie Lire la suite « La farandole »